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HISTORIQUE

En 1928, alors que le Salon d’octobre voit l’apparition d’une nouvelle gamme de voitures Citroën désignée AC4 et AC6 avec l’influence américaine (Ford).


La C4 est une évolution de la B14G mais pour la première fois avec la C6 Citroën entre dans la catégorie des six cylindres. L’investissement nécessaire à la création de ce nouveau modèle entraîne l’installation de 500 machines-outils modernes et d’un laboratoire d’essais à Montlhéry pour tester les automobiles.

L’AC4 dans ses premières séries conserve les caisses tout acier comme sa grande soeur la B14 et et bon nombres d'éléments déjà apparus sur son aînée, comme le cerveau frein Westinghouse ou le tableau de bort ovale, le tout avec un nouveau moteur et un nouveau châssis, plus bas, avec des ailes fuyantes, et à un capot plus haut.

Le moteur de 1 628 cm3 (72X100) développe une puissance de 30CV. c'est un 4 cylindres en ligne, à soupapes latérales, culasse amovible. Le bloc cylindre en fonte d'une seule pièce avec le carter de vilebrequin ce révélera de bien piètre qualité (ovalisation des cylindre rapide), une pompe à eau et l’allumage à delco. Les qualités de robustesse de l’AC4 et son prix relativement bas lui assurent immédiatement un très grand succès, dans une gamme très complète développée sur deux empattements où l’on retrouve les variantes de berlines, de torpédos et de cabriolets connus avec la B14, associées sur l’empattement long à des familiales, taxis, et torpédos familiales.

Les versions utilitaires ne sont pas non plus oubliées : la torpédo commerciale, une camionnette bâchée de 500 kilos, une voiture de livraison tôlée de 500 kilos, une Boulangère, une version plate-forme à ridelles et enfin une version châssis nue.

Son évolution :

Octobre 1929 le modèle sera appelé plus simplement C4.

Au salon de 1930, la AC4 NT ou AC4 III (Nouveau Tableau de Bort) La version C4 III bénéficie d’un moteur amélioré par le montage de pistons plus longs et d’une transmission à cardans. Au catalogue, la famille C4 accueille une nouvelle torpédo commerciale à l’arrière carré ainsi qu’une conduite intérieure commerciale à l’arrière ouvrant en deux parties.

la voiture devient C4 F au Salon d’octobre 1930, ceci en parallèle à l’évolution des C6. La C4 F est montée sur un châssis raccourci de 7 cm, mais en revanche, la voie en est élargie et atteint 1,34 m et les jantes sont fixées par cinq boulons au lieu de quatre. Extérieurement les nouvelles proportions se traduisent dans une calandre amincie et un capot plus court. La gamme s’enrichit d’un roadster deux places. Un autre modèle la C4 F large, voie de 1,42 m, servira de base à une nouvelle série de taxis, et partant de là toutes les carrosseries fermées seront développées sur le modèle large (berlines, conduites intérieures et familiales), suivies d’un coupé landaulet dérivé du taxi avec séparation intérieure et capotage arrière.

En 1931 Citroën en profite pour fonder la Société anonyme des transports Citroën, ses taxis marron à bande orange rendant la marque aux chevrons omniprésente dans la capitale. Alors qu’à l’autre bout du monde ses véhicules chenillés dans le programme de la Croisière jaune tentent la première traversée du continent asiatique.

En 1932 la C4 G apparaît au Salon on peut y découvrir une évolution plus luxueuse de la gamme au moteur de 1 767 cm3 / 10CV (32 ch. à 2 700 tours). Fin 1931, la C4 G grand luxe apparaît, parallèlement à la série haut de gamme des C6, reconnaissable à sa calandre à volets thermostatiques, à ses pare-chocs Chromos et à de nouveaux habillages. Dans la gamme C4 G les versions larges demeurent au catalogue complété d’une berline de voyage dotée en série de la célèbre malle "coquille".

Suite a la crise économique, Citroën imagine une C4 plus rustique de 9 ch., la C4 IX, même que C4G avec moteur ancienne cylindrée moins chère à l'époque car sa finition est plus basic. Elle n’aura que peu de succès.

1932 et 1933: Depuis le 1er avril 1932 la C4 G MFP à Moteur flottant (MFP = Moteur Floating-Power) Une très grosse innovation qui permettait de réduire considérablement les vibrations du moteur sur le véhicule (12500 fabriquée toute carrosserie confondue) ainsi qu'une version commercial la C4 VIII
Le lancement de cette nouvelle série s’accompagne du slogan "Une marche douce et silencieuse, comme le glissement du cygne sur l’eau", d’où les ailes de cygne qui serviront d’emblème aux Citroën à partir de ce moment-là. Le moteur flottant apparaît sur les séries C4 G et C6 G dont le train roulant bénéficie des nouveaux pneus Michelin "Super confort" en 150x40 et 160x40.

L’AC6

L’AC6 est présentée comme l’AC4 au Salon d’octobre 1928. Elles diffèrent assez peu l’une de l’autre, seul le capot de la six cylindres est plus long de quelques centimètres: le moteur de 2 442 cm3 développe 45 ch. réels sur la même conception que le quatre cylindres, sa puissance supplémentaire lui confère une plus grande souplesse. Le catalogue reprend les mêmes modèles que dans la gamme C4, augmenté d’un luxueux coupé de ville, d’une torpédo familiale et d’une torpédo à deux pare-brise avec tabatière.

La gamme est développée également vers le secteur utilitaire, puisque la puissance du six cylindres permet la conception de petits camions capables d’emporter une charge utile d’une tonne : une camionnette de livraison tôlée, une camionnette bâchée, une plate-forme à ridelles, un plateau châssis nu à équiper.
Le modèle AC6 évolue sans tarder car il rencontre peu de succès dans sa configuration initiale, les acheteurs de modèles à six cylindres désirant des véhicules plus luxueux.

Dès le mois de mai 1929, elle devient C6 E (élargie) d’un aspect intérieur et extérieur plus attrayant. Si toutes les versions fermées sont développées à partir du châssis élargi de 7 cm et allongé, les carrosseries cabriolets et coupés conservent le premier châssis de 1,29 m de voie. Des pare-chocs, un phare d’appoint sur une barre frontale, un emblème Six sur le radiateur et l’inscription C Six sur l’aile arrière droite rendent ce haut de gamme plus reconnaissable et la malle coquille vient compléter toutes les carrosseries fermées. La gamme C6 E s’enrichit de limousines et torpédos à châssis long.
Au Salon d’octobre 1929, le progrès continue avec un modèle désigné C6 F identifiable à ses roues à cinq boulons habillés d’enjoliveurs proéminents. Tous les modèles sont désormais construits sur le châssis élargi à voie de 1,42 m, uniformément équipés de la malle coquille (sauf pour les cabriolets) .
Mécaniquement les C6 connaissent des améliorations au niveau du démarreur et de la boîte de vitesses, le moteur est monté sur silentblocs et des amortisseurs à friction améliorent la suspension sur les quatre roues.

En février 1931 la clientèle de voitures luxueuses trouvera chez Citroën la voiture qui lui convient désignée CGL ; son moteur de 2 650 cm3 (74 x 100) développe 53 ch. réels et la fait entrer dans la catégorie des 15 ch. De nouveaux matériaux favorisent son rendement tel que l’acier nitruré pour le vilebrequin, la culasse est redessinée pour un meilleur refroidissement. Mais son luxe transparaît surtout a l’extérieur : calandre chromée à lames thermostatiques, capot à cinq volets, deux roues de secours montées sur les ailes avant ou arrière, des lanternes d’auvent et un nouveau dessin des ailes arrière. Une grande attention est portée à l’intérieur, très raffiné dans le choix des bois et des tissus. En plus des modèles existants, la finition CGL arrive à un splendide roadster, une vraie voiture de rêve…

En octobre 1931, Citroën présente la C6 G, parallèlement à la C4 G. La désignation C6 G correspond au montage en série d’une partie des équipements CGL à la différence près d’une seule roue de secours à l’arrière ou sur le côté et des pare-chocs Chromos à section carrée. Le moteur est un peu moins puissant, il développe ici 50 ch. à 2 700 tours. Le catalogue des C6 représente quinze modèles de série : berline, conduite intérieure, familiale, cabriolets deux places et quatre places, roadster, faux cabriolets deux et quatre places, coupé de ville, coupé conduite intérieure, coupé landaulet, conduite intérieure landaulet, torpédo, torpédo grand tourisme et torpédo familiale.

Ce catalogue va comporter exceptionnellement des petites séries de carrosseries spéciales assemblées par des manufactures extérieures à l’usine : le coach cinq places (fermé ou découvrable) signé de la carrosserie Sical (Société industrielle de carrosserie automobile de Levallois) ; des berlines Toutalu habillées de caisses en aluminium par le carrossier Million-Guiet sur un brevet de Vizcaya.

Les tout derniers modèles C6, comme les C4, sortis depuis le avril 1932, sont désignés MFP (Moteur Floating-Power), moteur flottant où la mécanique oscille librement sur deux supports au lieu de vibrer sur le châssis.

 

Les utilitaires

Le châssis et le moteur six cylindres autorise la conception d’une branche utilitaire dont l’essor pour Citroën deviendra déterminant. Le premier camion C6 I voit le jour en 1929 doté du moteur de série accouplé à une boîte à quatre vitesses. Sa charge utile de 1 800 kilos passe bientôt à 2 tonnes, on le trouve en plate-forme à ridelles, en camion bâché ou en fourgon tôlé. Son succès, dès la première année, se traduit par une production de 1 246 exemplaires. Le développement des châssis utilitaires donnera au Patron l’occasion de s’implanter sur le marché des autocars qui sillonneront la France jusque dans ses recoins les plus perdus, d’où la fondation de la Société Anonyme des Transports Citroën.

Les autochenilles Citroën-Kégresse

Les autochenilles Citroën-Kégresse connaissent leur plus important développement à partir des châssis C4 et C6. En application civile et militaire, on connaît surtout le type P14 en tracteur d’artillerie, le type P15 N à train de chenille long adapté à la neige. Les P16 et P17 très répandus dans le Génie civil et les Eaux et Forêts. Le P21 à six cylindres reste historiquement le plus célèbre pour avoir constitué le groupe Chine dans la Croisière jaune (le groupe Pamir étant, lui, composé de versions P17 à quatre cylindres).

 

 Cette page a été mise à jour le 01/01/09.