Tout
a commencé en lisant L.V.A. Je cherchais une voiture des années 1920, de préférence en Torpédo. Mon budget étant limité à environ 6 000 Frs, en octobre 1991, je vis une petite
annonce d’un AC4 utilitaire à vendre pour 4 000 Frs je suis allée le voir avec Patrick et Alain et le rêve se réalisa.
J’étais l’heureux propriétaire d’une caisse carré.
Ah! Pour être triste, il l'était et
avait du travaillé jusqu'en 1969 (par exemple: Les pédales de frein et
d'embrayage avaient disparu au 3/4), sa mécanique quant à elle n'était pas
bloquée et le tout séjournait dans un sous-sol au sec depuis son arrêt.
Après
en avoir fait le tour, je décidais de l'acheter et là, devant elle, je fis le
pari avec Patrick de participer à la 68eme course de cote au ralenti de
Montmartre contre lui prévue à l'époque pour le 31 mai 1992 ; il ne me
restait plus que 8 mois pour la restauré.
Une fois rapatriée à la
maison, je me mis à la démonter entièrement et découvris entre autre que le
châssis était cassé sur un coté devant les lames arriérées doublées en épaisseur
pour pouvoir transporter des charges nettement supérieures aux charges
admissibles, la traverse centrale servant à les maintenir s’était ressoudé
de toute part et néanmoins fendue en plusieurs endroits; Quant au reste du véhicule,
il était très fatigué par ses nombreuses années de labeur et demandait une
restauration intégrale.
Je commençais par ressouder le châssis, changer les rivets cassés,
refaire une partie de la traverse arrière ainsi que les parties
perforées (au passage, les rivets diam.7 ne court plus les rues !)
Bref, un travail de romain!
Une foi fini, le châssis passa en peinture et je pus commencer à
m'occuper des accessoires comme la direction, le pont, les lames de
ressorts... afin qu'il soit sur roues.
Même les pédales on dut être refaites... Quant au
pot j'ai fais avec les restes.
Il
m'était plus facile dès lors de le manœuvrer. L à, je pus remonter la mécanique
que j'avais vérifiée au préalable. C'était une bonne mécanique certes, elle
avait tourné longtemps et en étaità
son 3éme réalésage en 74mm pour 72,5 mmà l'origine, pas d'ovalisation importante sur les chemises, trois ou
quatre soupapes à changer, les coussinets étaient bons et la pompe à huile débitait
normalement.
Le
moteur fut peint en vert moteur (mélange de 50 % AVIS Fer vert jardin et 50 %
non brillant, couleur identiqueà
la peinture retrouvée sur le moteur) et remonté. Pour la boite, ce
fut pareil, pas d'usure trop importante, le plein d'huile suffit.
Quant à l'embrayage, il ‚tait bon seul le roulement de bute fut
changé.
Pour
la partie cycle, je dus vérifier les roulements, par sécurité refaire les câbles
de frein et une visite sur le servofrein Westinghouse s'imposait.
Lors du démontage de la carrosserie, que de surprise ! Toute
la caisse arrière était à refaire, la plupart des boiseries étaient bouffées
par les vers et ne tenaient que par la toile rapportée dessus.
La
cabine était dans le même état sauf que là ce n'était pas de la boiserie,
mais de la tôle ; elle était coupée de toute part et je mis une cinquantaine
d'heures pour la ressouder et refaire les parties oxydées ou en dentelle, comme
l'entourage du pare-brise, les bas de montant de porte, la planche de bord
(truffée de trous), et l'ensemble de la cabine découpée par les vibrations,
d'oùd'interminables heures de
soudure pour reprendre toutes les déchirures de tôle et reformer les parties
disparues.
Pour
les portes, ce fut pareil, les coins sont refait à neuf, quant aux
ailes, pour leur rendre leur galbe et leur rigidité d'antan, ce ne
fut pas une mince affaire ?
Pour
la caisse arrière, là, je dus prendre mon courage à deux mains, car mes
connaissances en menuiserie étaient limitées ; alors, je pris tous les bouts
qu'il me restait et les refis au plus proche de l'esprit d'époque. Je fis pas
mal d'essais et appris à faire des tenons mortaise, des assemblages de toute
sorte, c'était très intéressant et au fur et à mesure la caisse reprit
forme, redevint rigide et ferme.
Après la remise en état de la carrosserie, je pus passer en apprêt et
Lulu s'occupa de la peinture ; c'était son rayon, un artiste en sa matière. Il
prit ses peintures et tel un alchimiste faisait ses dosages pour que celles-ci
soient magnifiques; je lui dois une fière chandelle !
Les
couleurs choisies furent le noir pour les ailes et le haut de la cabine et un
jaune pamplemousse, tel les 5 H.P.
Une
fois peinte, je pus refaire l'électricité (en ajoutant des fusibles camouflés
derrière la planche de bord; une déformation professionnelle, car je suis électromécanicien
d'origine!). Je
me mis aussi à refaire la sellerie d'après les morceaux de bois avec quelques
ressorts cloués dessus qui me restaient, je récupérais un vieux sommier qui
permit de remettre des ressorts partout, le tout fut rembourré‚ comme à l'époque
et recouvert d'une toile de moleskine un petit peu plus fine que celle trouvée
sur ma banquette, faute de mieux.
Une
fois fini, les réglages routiers faits, je venais de passer sur mon véhicule
prés de 7 mois et un peu plus de 900 heures, après mes heures de travail, y
passant tout mes week-end et me couchant en semaine souvent à des minuits - 2
heures du matin,.
Question
finance, j'en étais arrivé à 10 170 Frs achat compris, les quelques pièces
changées telles que lames m'ont été fournies par "Papy" et
proviennent d'une épave hélas, non restaurable.
Par
la suite avant d'allez en Belgique, je lui est offert quatre pneus Michelin
neufs en 14X45 ce n'était pas du luxe. Petit détail, Michelin fière de ces
traditions nous vend des pneus "fait par nos artisans" avec le
macaron Made in "INDIA" Pour du pneu de collection quelle
gageure!
Depuis
j’ai fait quelques ballades dont le 11eme ICCCR en Belgique Ou je
suis arrivé 2eme
au Concours d'élégance